Né le 7 juin 1920 à Noroy-sur-Ourcq (Aisne), guillotiné le 28 novembre 1944 à Munich (Allemagne) ; ouvrier métallurgiste ; résistant OCM Centurie du Pas-de-Calais ; déporté NN.

Fils de Cyriaque Vazé et d’Esther Marie Payen, René Vazé, célibataire, était domicilié rue d’En-Bas à Pelves par Roeux (Pas-de-Calais), où il travaillait comme lamineur.
Mobilisé avec la classe 40, il s’engagea le 8 février 1941 dans le 24e Bataillon de chasseurs alpins (BCA). En juillet 1942, il rejoignit la résistance au sein du réseau Centurie service de renseignement de l’Organisation civile et militaire OCM implanté dans le Pas-de-Calais depuis mai 1942.
Chef de groupe à Pelves, il participait à l’organisation des parachutages notamment, avec son camarade Eugène Dumont en liaison avec le Bureau des opérations aériennes BOA .
René Vazé fut arrêté avec trente résistants ou considérés comme tel lors de la rafle de la nuit du 13 au 14 septembre 1943, qui suivait les arrestations d’Arras et de Douai. L’Abwehr avait infiltré les réseaux.
Les prisonniers furent incarcérés à la prison de Cuincy (Nord) et interrogés par la SD de Douai (Nord). Personne ne parla mais Pierre Lesage y mourut sous la torture.
René Vazé fit partie du convoi du 18 octobre 1943 au départ de Loos-lès-Lille (Nord) à destination de la prison Saint-Gilles de Bruxelles (Belgique), puis fut interné en Allemagne sous statut "Nacht und Nebel" dans les prisons d’Essen, le 22 novembre 1943, d’Esterwegen (ouest de Brême), le 22 juin 1944 de Gross Strehlitz, de Kaisheim (nord d’Augsbourg), le 16 septembre 1944 à Straubing (Bavière), puis le 16 novembre 1944 à Munich-Stadelheim. Il avait été condamné par le tribunal du peuple (Volksgerichtshof VGH), le 16 septembre 1944 à Munich, avec chef d’accusation « avantages procurés à l’ennemi et préparatifs à haute trahison ».
Avec lui furent condamnés à mort d’autres membres de son réseau : Les gendarmes de Vitry-en-Artois, Louis Défontaine, Émile Delefosse et Pierre Seneuze, Eugène Dumont artisan- commerçant, René Grodecoeur ouvrier d’usine, Jules Jambart instituteur-secrétaire de mairie, Léon Javelot chef de bureau, André Serrure receveur percepteur.
Les neuf condamnés à mort furent guillotinés dans la prison de Munich le 28 novembre 1944 à partir de 16 heures, René Vazé le 4e à 16h06. Les corps furent incinérés au crématorium de l’Ostfriedhof, les urnes furent rapportées à Vitry-en-Artois en mai 1947.
L’aumônier qui les avait assistés rapporta leurs dernières paroles et leurs lettres d’adieu furent retrouvées. René Vazé écrivit :
« Je m’en vais dans la vie éternelle pour notre Patrie. Cela me console, mais je serais beaucoup plus heureux si j’avais accompli quelque chose de grand. Dans deux heures, je meurs en bon chrétien et en bon Français. Vive la France ! ".

En mai 1947, Georges Detrez et Ambroise Stienne rapportèrent les neuf urnes furent quelque temps, exposées dans le chœur de l’église Saint-Martin, en attente d’un monument.
René Vazé a été reconnu « Mort pour la France », et homologué déporté interné résistant DIR au sein des Forces françaises combattantes FFC, Voix du Nord, OCM, réseau Centurie. Dans la résistance, il avait été P1 du 1er juillet 1942 au 13 septembre 1943 puis P2 le 14 septembre 1943, grade chargé de mission 3e classe et donc homologué sous-lieutenant à titre posthume, décret du 16 janvier 1947, parution au JORF 18 janvier 1947.
Il a été décoré de la Médaille de la Résistance avec rosette par décret du 11 juillet 1946, paru au JO du 11 juillet 1946, et élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur le 19 septembre 1950, paru au JO du 22 septembre 1950.
Son nom est inscrit à Pelves sur les monument aux morts et sur une plaque commémorative et à Vesoul sur le Mémorial de la Résistance, ainsi que dans la crypte des décapités de Munich, située à la sortie de Vitry-en-Artois, en direction de Sailly-en-Ostrevent au lieu-dit « le Mont Métier », mémorial crypte, inauguré le 8 octobre 1950 par le général de Larminat. La rue d’En-Bas à Pelves a été nommée René-Vazé par décision du conseil municipal le 5 juillet 1969.


Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais) crypte des décapités de Munich le 28 novembre 1944
Sources

SOURCES : AVCC, AC 21P 546886 er 21P 171050 (nc) .— SHD, Vincennes, GR 16P 587608 . — FMD, liste I.158. — Concours national scolaire sur la Résistance et la déportation, département du Pas-de-Calais, 1982, transmis par René Liétard et Christian Hermy, mars 2022.

Annie Pennetier

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