Né le 25 mars 1915 à Esternay-sur-Marne (Marne), guillotiné le 28 novembre 1944 à Munich (Allemagne) ; gendarme ; résistant Voix du Nord au sein du réseau OCM-Centurie ; déporté NN.

Fils de Pierre Michel Seneuze et de Berthe Laurent, Pierre Seneuze était marié à Elizabeth Berthe Maerten et avait un fils, Claude. Il était titulaire du certificat d’études primaires. Il s’engagea le 29 avril 1935 dans le 106e Régiment d’infanterie, puis devenu caporal-chef en février 1937, suivit la formation d’élève garde, 262e peloton, du 27 janvier au 1er septembre 1938. Mobilisé en septembre 1939, il participa aux combats dans l’Aisne, notamment Vervins, et fut fait prisonnier le 18 mai 1940, détenu jusqu’au 25 août 1941.
Gendarme à Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais), il appartenait à la 1ère Légion de gendarmerie. Il participait à la résistance dans son département rattaché au commandement militaire allemand de Bruxelles. En mars 1943, le mouvement de résistance Voix du Nord intégré à l’OCM reçut la mission et le soutien du BOA Bureau des Opérations aériennes de réceptionner des parachutages. La mission Arquebuse dirigée par le commandant Yeo Thomas réussit deux atterrissages et dix parachutages de containers entre mars et octobre 1943. Henri Duflot avait la responsabilité de la recherche des terrains dans le secteur, avec Georges Detrez membre du comité départemental et Désiré Facon de Corbehem pour le canton de Vitry-en-Artois.
Pierre Seneuze était membre d’une équipe dont il était chargé d’assurer la protection, au cours du parachutage d’armes de mai 1943 sur Sailly-en-Ostrevent commune limitrophe à Vitry-en-Artois. Une vaque d’arrestations s’en suivit, notamment lors de la rafle de la nuit du 13 au 14 septembre 1943 ; d’après son dossier au SHD Pierre Seneuze a été arrêté le 7 octobre 1943 à Cuincy (Nord).
Les prisonniers furent incarcérés à la prison de Cuincy (Nord) et interrogés par la SD de Douai (Nord). Personne ne parla mais Pierre Lesage y mourut sous la torture. Quatre furent relâchés et quatre furent déportés le 23 septembre. (Macquet, Cauchois, Facon, Berten),
Pierre Seneuze fit partie du convoi du 18 octobre 1943 au départ de Loos-lès-Lille (Nord) à destination de la prison Saint-Gilles de Bruxelles (Belgique), puis fut interné en Allemagne sous statut "Nacht und Nebel" dans les prisons d’Essen, le 22 novembre 1943, d’Esterwegen (n° 1729), le 22 juin 1944, de Gross Strehlitz, à Kaisheim, le 16 septembre 1944 à Straubing, puis le 16 novembre 1944 à Munich-Stadelheim. Il fut condamné à mort par le tribunal du peuple VGH à Munich le 16 septembre 1944, avec chef d’accusation « avantages procurés à l’ennemi et préparatifs à haute trahison ».
Avec lui furent condamnés à mort d’autres membres de son réseau : Les gendarmes de Vitry-en-Artois, Louis Défontaine et Émile Delefosse, Eugène Dumont artisan- commerçant, René Grodecoeur ouvrier d’usine, Jules Jambart instituteur-secrétaire de mairie, Léon Javelot chef de bureau, André Serrure receveur percepteur, René Vazé ouvrier métallurgiste.
Les neuf condamnés à mort furent guillotinés dans la prison de Munich le 28 novembre 1944 à partir de 16 heures, Pierre Seneuze le septième à 16h 12. Les corps furent incinérés au crématorium de l’Ostfriedhof, les urnes furent rapportées à Vitry-en-Artois en mai 1947.
L’aumônier qui les avait assistés rapporta leurs dernières paroles et leurs lettres d’adieu furent retrouvées. Pierre Seneuze écrivit (extrait) :
« Aujourd’hui à 4 heures, je mourrai en héros (...). Guide notre fils vers la grandeur et l’honnêteté (...). Vive la France ! »

Pierre Seneuze a été reconnu « Mort pour la France », et homologué déporté interné résistant (DIR) au sein des Forces françaises combattantes (FFC), réseau Centurie. Dans la résistance, il avait été P1 à partir du 1er juillet 1943 puis P2 le 7 octobre 1943, grade chargé de mission 3e classe et donc homologué sous-lieutenant à titre posthume, décret du 26 avril 1948, parution au JORF 12 mai 1948.
Son nom est inscrit sur la plaque commémorative de la gendarmerie de Vitry-en-Artois aux côtés de ses deux collègues résistants Louis Défontaine et Émile Delefosse et dans la crypte des décapités de Munich, située à la sortie de Vitry-en-Artois, en direction de Sailly-en-Ostrevent au lieu-dit « le Mont Métier », où reposent les cendres de neuf membres de l’organisation de Résistance mise sur pied par Georges Detrez et Désiré Facon.
Ramenées en France en mai 1947, les neuf urnes furent quelques temps exposées dans le chœur de l’église Saint-Martin, puis abritées dans le mémorial, inauguré le 8 octobre 1950 par le général de Larminat.


Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais), crypte des décapités de Munich le 28 novembre 1944
Sources

SOURCES : AVCC, AC 21P 150202 et AC 21P 674285 (nc) .— SHD, Vincennes, GR 16P 544835. — FMD, liste I.158. — Concours national scolaire sur la Résistance et la déportation, département du Pas-de-Calais, 1982, transmis par René Liétard à la demande de Christian Hermy, mars 2022.

Annie Pennetier

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