Né le 2 avril 1915 à Paris (XVe arr.), exécuté sommairement le 3 septembre 1944 à Nolay (Côte-d’Or) ; électricien TSF ; résistant FFI.

Charles Verdin était le fils de Charles Lucien Verdin, couvreur, et de Yvonne Zoller, couturière, son épouse, domiciliés à Reims (Marne). Il fut adopté par la Nation en vertu d’un jugement du Tribunal civil de Reims, rendu le 5 mars 1929.
En 1937, il habitait au 125 rue Michel-Ange dans le XVIe arrondissement de Paris (Seine, Paris) et exerçait la profession d’électricien TSF (Fichier des électeurs de Paris, via Geneanet).
Prisonnier de guerre en Allemagne, il avait été libéré pour avoir accompli un acte de courage en sauvant d’une mort certaine, un enfant tombé dans une fosse à purin. Par la suite, il se réfugia avec son neveu Robert Bornet, âgé de 24 ans, chez un membre de leur famille qui était facteur à la Poste de Molinot (Côte-d’Or). Les deux hommes s’engagèrent dans le groupe de résistance du capitaine Dufour.
Le 3 septembre 1944 dans l’après-midi, un jeune résistant, Jean Bouley qui était imprimeur et agent de liaison au PC du capitaine Dufour, plus exactement Monsieur Philipot, instituteur à Molinot reçut l’ordre de se rendre à Nolay (Côte-d’Or) pour imprimer des affiches en vue de la libération de Beaune (Côte-d’Or) qui était imminente. Le centre de ralliement du groupe du capitaine Dufour était situé au moulin de Vernusse sur la commune de Saint-Pierre-en-Vaux (Côte-d’Or).
Jean Bouley avait prévu de se rendre à Nolay, seul avec sa moto mais ses deux camarades parisiens Charles et Robert insistèrent pour l’accompagner en voiture. Le facteur de Molinot se joignit également au groupe. Les quatre hommes montèrent donc dans la voiture. Arrivés à Cirey-lès-Nolay (Côte-d’Or) Jean Bouley proposa de finir le voyage à pied car il pouvait y avoir des soldats allemands à Nolay. Le chauffeur proposa de le conduire jusqu’au croisement du bas. La voiture descendit lentement et s’arrêta en face du bâtiment de Rochefort. Ils aperçurent alors un barrage allemand avec un canon antichar en position près de la Croix de mission. Charles, fort de sa connaissance de la langue allemande et des papiers attestant de sa bonne conduite, proposa d’aller parlementer avec les servants du canon anti char tout en demandant à ses camarades de s’éloigner. Alors que Jean Bouley et le postier remontaient la route comme si de rien n’était un soldat allemand en faction s’approcha de la voiture dans laquelle était resté Robert Bornet et aperçut une mitraillette Sten entre les sièges. Il comprit immédiatement qu’il avait à faire à des maquisards et la fusillade éclata. Les deux maquisards qui s’éloignaient se mirent à courir en direction du pont de chemin de fer qui passait un peu plus haut au pied des falaises de Cirey. Ils s’abritèrent derrière une pile du pont qui les protégea des balles qui arrosaient la route. Jean Bouley rejoignit le village et emprunta un vélo pour aller prévenir le groupe au moulin de Vernusse.
On ne sait pas exactement ce qu’il se passa ensuite. Il semblerait que Robert Bornet et Charles Verdin après avoir été torturés furent pendus aussitôt à la branche d’un arbre voisin et criblés de balles. Vers 17 heures leurs corps furent pris en charge par des membres de l’Hospice et déposés à la morgue. Par la suite, ils furent inhumés provisoirement et discrètement au cimetière de Nolay. Leurs corps furent ensuite exhumés et leurs obsèques eurent lieu le 20 novembre 1944, à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine).
Charles Verdin est inhumé dans une tombe individuelle au cimetière des victimes de guerre, à Suresnes (Hauts-de-Seine).
Il obtint la mention « Mort pour la France » et le titre de "Déporté et interné résistant" (DIR) et fut homologué soldat des Forces françaises de l’intérieur (FFI).
Peu après ce drame, les Allemands virent des silhouettes qui se détachaient sur la crête des falaises surplombant Cirey. Les prenant pour des maquisards en fuite, ils ajustèrent leurs tirs et blessèrent grièvement trois personnes qui étaient en fait d’innocents promeneurs appartenant à une même famille.


Voir Cirey-lès-Nolay
Sources

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, Cote AC 21 P 165655 (nc) et SHD Vincennes, GR 16 P 589237 (nc).— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.— Geneanet.— État civil (acte de naissance n° 1065).

Jean-Louis Ponnavoy

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