Né le 19 octobre 1909 à Caubeyres (Lot-et-Garonne), exécuté sommairement le 22 juin 1944 à Buzet-sur-Baïse (Lot-et-Garonne) ; cafetier ; homologué résistant.

André Boudey était le fils de Pierre, alors âgé de 25 ans, et de son épouse Marie née Goujon, âgée de 20 ans, un couple de cultivateurs établi au Bourdieu, commune de Caubeyres. Son père, soldat au 283e RI, fut tué à l’ennemi le 10 août 1917 au Chemin des Dames (Aisne) et André Boudey devint pupille de la Nation par jugement en date du 17 janvier 1919. Le 25 juin 1932, à Damazan, il épousa Claudine Larché. En 1944, il tenait un café dans cette commune.
Le 22 juin 1944, en représailles à un sabotage du maquis, Buzet-sur-Baïse fut occupé par un important détachement de Waffen-SS du régiment Deutschland de la 2e Panzerdivision Das Reich venant d’Aiguillon (Lot-et-Garonne) et dirigé par le commandant Willy Dusenschön. Selon les historiens Guy Penaud (La Das Reich, op. cit. pp. 447-448) et François Frimaudeau (Les évènements de Buzet-sur-Baïse (22 juin 1944), op. cit.), les faits se déroulèrent de la manière suivante.
Après avoir rassemblé et interrogé les hommes sur la place du village, (nous suivons ici le récit de Guy Penaud) les SS, en représailles à un sabotage du maquis, " arrêtèrent […] le curé de la paroisse, l’abbé Laborie, et six autres habitants, Pierre Ruchaud, 49 ans, facteur à Aiguillon, son gendre, Armand Sainte-Lagüe, 32 ans, et Justin Laffon, 58 ans, (tous les trois suspectés d’être des « chefs communistes »), Jean Neuville, 65 ans, (le beau-père du chef de la Résistance, René Dupouy, que les Allemands recherchaient activement), Giovanni Costalunga, 37 ans, qui avait déserté l’organisation Todt, et le menuisier Louis Dassy, qui ne dut son salut qu’à l’intervention du président de la Délégation spéciale (en fait le maire), Simon Adam, qui réussit à le faire libérer. À ces six Buzéquais, les SS ajoutèrent André Boudey, 35 ans, cafetier à Damazan (Lot-et-Garonne), arrêté alors qu’il travaillait sa vigne et qui ne put présenter ses papiers d’identité restés dans sa veste au bout du rang. Tous furent embarqués à la sortie du village, sur la route de Damazan. Là, on les fit tous descendre à l’exception de l’ecclésiastique qui, demeuré dans le camion (ou un autobus, selon les sources), vit ses compagnons d’infortune abattus à coups de mitraillette vers 15h15" contre le mur d’"une maisonnette en mauvais état au milieu d’une ancienne vigne", précise François Frimaudeau.
André Boudey semble d’abord avoir été considéré comme une victime civile (dossier AVVC, Caen). Il fut par la suite homologué interné résistant (dossiers AVCC et SHD Vincennes) et décoré à titre posthume de la Médaille de la Résistance par décret en date du 27 décembre 1960 (JO du 1er janvier 1961). Son nom est inscrit avec ceux des cinq autres victimes du massacre du 22 juin 1944, route de Damazan, sur le mur de la maisonnette (dite "cabane des fusillés"), où une plaque principale porte l’inscription "Six Patriotes Buzéquais furent sans jugement fusillés en ce lieu par les Allemands le 22/06/1944". Elle surmonte six plaques nominatives. Les noms des victimes sont aussi gravés sur le Monument commémoratif 1939-1945 érigé dans le centre-ville.


Voir Buzet-sur-Baïse (Lot et Garonne), juin-juillet 1944
Sources

SOURCES : Victime civile, Service historique de la Défense, Caen, AVCC AC 21 P 316719 ; Interné résistant : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 7776, et Caen SHD/ AC 21 P 714484 (nc). — François Frimaudeau, Les évènements de Buzet-sur-Baïse (22 juin 1944), in La Résistance en Lot-et-Garonne, CD-Rom AERI, 2011. — Guy Penaud, La Das Reich, 2e SS Panzerdivision Das Reich, Périgueux, La Lauze, 2005, p. 447-448. — Mémoire des Hommes. — MémorialGenWeb. — Geneanet. — Arch. dép. de Lot-et-Garonne en ligne.

Dominique Tantin, François Frimaudeau, Guy Penaud

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