Né le 11 octobre 1906 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), fusillé comme otage le 22 octobre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; dessinateur SNCF ; résistant.

Fils de Henri Arthur Hévin et de Marie Eugénie Carric, Marcel Hévin fit ses études à l’École professionnelle Livet à Nantes. Il était marié avec Simone Poirier et père de deux enfants. Dessinateur aux services techniques de la SNCF, le couple demeurait à Nantes, 46 boulevard Gabriel-Lauriol. Refusant l’armistice et l’occupation allemande, il recruta dans son quartier de La Marrhonnière, des jeunes de son entourage. Dès l’été 1940, il était en relation avec le groupe Bocq- Adam. Son action consistait à établir des faux-papiers pour les jeunes qui souhaitaient gagner la zone libre puis l’Angleterre pour s’engager dans les Forces françaises libres. Il récolta aussi des renseignements, photographia la base aérienne de Château-Bougon et nota les mouvements de troupes qu’il communiqua au 2e Bureau. Malgré l’interdiction des commémorations du 11 novembre 1940, une manifestation se déroula devant le monument aux morts de Nantes, celle-ci fut disloquée, et les jeunes du groupe Hévin allèrent fleurir les tombes des soldats britanniques au cimetière de La Gaudinière. Ce jour-là, Marcel Hévin fut désigné chef de ce groupe qui porta désormais le nom clandestin de leur chef « Patt ». Ces résistants organisèrent aussi des évasions dont celle d’un agent de l’Intelligence Service, Ralph Goldney, que Marcel Hévin hébergea. Un agent de l’Abwehr, André Barrault ayant infiltré le réseau de Max Veper lié à leur groupe, provoqua la chute du réseau.Il sera condamné à mort et exécuté le 18 décembre 1945.
Marcel Hévin fut arrêté le 25 avril 1941 sur son lieu de travail, après avoir confié des papiers à un collègue de bureau et caché des armes.
Transféré le 1er octobre au camp de prisonniers du fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis), sa condition s’améliora travaillant au jardin et envisageant une évasion avec ses camarades.
Remis au lieutenant Forster le 22 octobre 1941 à 14h 30, emmené à Suresnes, il a été fusillé comme otage au Mont-Valérien vers 16h, par un peloton de soldats allemands, avec ses compagnons de la région nantaise, Hubert Caldecott, Philippe Labrousse, Alain Ribourdouille et Victor Saunier. Il faisait partie des quarante-huit otages fusillés le- 22 octobre 1941 à Châteaubriant, Nantes et Suresnes, en représailles à l’attentat contre le lieutenant-colonel Karl Hotz, responsable des troupes d’occupation en Loire-Inférieure et abattu à Nantes par des résistants, le 20 octobre 1941.
La mention « Mort pour la France » lui a été attribuée par le ministère des Anciens Combattants. Il a été reconnu FFC, interné résistant (DIR) et RIF ainsi que CDLL Évasion et Résistance-Fer.
Son nom est inscrit à Nantes sur le monument commémoratif aux 50 otages, sur la nouvelle plaque en gare de Nantes-Orléans et sur la Cloche commémorative du Mont-Valérien.
Sources

SOURCES : Notes de Carlos Fernandez d’après Arch.dép.Loire-Atlantique 27J 50, 27J 59 . — SHD Vincennnes, GR 16 P 293190. — A. Perrau-Charmantier,La Guerre en Bretagne. Récits et Portaits II, Aux Portes du large, Nantes, 1948, p. 189-194, avec photo.— Dominique Bloyet Nantes La Résistance Édition C.M.D., 1997. — Jean-Claude Terrière La Résistance en Loire-Inférieure, on l’appelait Xavier Dick Geste éditions, témoignage 2006. — Christophe Belser La Collaboration en Loire-Inférieure 1940-1944 . — État civil, la date de décès du 20 octobre, établie à partir du jugement du Tribunal de première instance de la Seine le 17 avril 1942 est inappropriée.

Annie Pennetier, Françoise Strauss

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