Né le 1er avril 1915 à Montauban (Tarn-et-Garonne), fusillé comme otage le 16 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; instituteur ; militant communiste dans le Pas-de-Calais et en Seine-et-Oise.

Albert Gokelaere en 1939.
Albert Gokelaere en 1939.
Albert Gokelaere, instituteur à l'école des Epinettes à Sallaumines, dernier rang à droite.
Albert Gokelaere, instituteur à l’école des Epinettes à Sallaumines, dernier rang à droite.
Gokelaere lors d'une randonnée.
Gokelaere lors d’une randonnée.
Le père d’Albert Gokelaere, mineur réfugié du Pas-de-Calais, de retour à Sallaumines (Pas-de-Calais), quitta le foyer en 1919 pour exercer la profession de marinier. Sa mère mourut en 1931 après une longue maladie. Albert Gokelaere, fils unique, fut élevé par sa grand-mère et ses oncles à Sallaumines. Il entra à l’École normale d’instituteurs d’Arras en octobre 1931. Il eut comme professeur de lettres, de sociologie et de psychologie Georges Hyvernaud qui l’encouragea à écrire. Après son échec pour entrer en quatrième année, il fut nommé instituteur à Lens (Pas-de-Calais) en 1934, puis à l’école de garçons des Épinettes à Sallaumines. Exempté du service militaire en 1936, il obtint par permutation un poste d’instituteur en Seine-et-Oise, et enseigna à partir d’octobre 1937 dans une classe primaire du collège de Pontoise, tout en étant domicilié à Saint-Ouen-l’Aumône. Il fut nommé à partir d’octobre 1938 instituteur à l’école de garçons Ferdinand-Buisson à Franconville.
Gokelaere se maria uniquement civilement en février 1938 à Sallaumines avec Marie, Antonietta Monego, née dans les Dolomites italiennes, aînée d’une famille de onze enfants. Son père, militant communiste, était mineur de fond. Militante communiste, elle était trieuse de charbon. Le couple, adepte des randonnées pédestres en montagne, eut un fils et habitait à l’école de Franconville.
Gokelaere renoua avec Hyvernaud qui fit publier deux de ses poèmes, « Béatitude » et « Homme », dans la revue littéraire La nouvelle saison (avril 1939). Il dessinait et écrivait. Plus de soixante-dix poèmes et des nouvelles, dont « Enfance et trous d’obus », furent édités plus tard. Gokelaere milita dans les Jeunesses communistes au moment de sa scolarité à l’École normale puis renoua avec elles dans la région de Lens sous le Front populaire et adhéra au Parti communiste, assurant un enseignement dans une école élémentaire du Parti. Il poursuivit ce militantisme en région parisienne (dans ses archives, figurait une photographie du député communiste Prachay). Toutefois, sa correspondance avec Hivernaud dénotait une fragilité personnelle et un pessimisme à mettre en relation avec la montée des périls et l’échec du Front populaire.
Gokelaere, mobilisé en novembre 1939, fut réformé temporaire en février 1940. Il reprit son poste à Franconville. Il obtint l’autorisation des autorités allemandes, en août 1941, d’aller, avec son épouse et son fils, en tandem, rendre visite à sa famille à Sallaumines, mais le voyage ne se fit pas.
Militant communiste, en relations avec les communistes de la région, Gokelaere participait à des distributions de tracts. Il rédigea notamment en juillet-août 1941 un appel aux « Français » au nom du Comité de libération nationale des cantons de Taverny et de Montmorency signé des « organisations communistes et des Amis du général de Gaulle ». Souhaitant « une France libre et indépendante », il conseillait : « Par TOUS les moyens, rendez la vie insupportable à l’occupant qui voulait nous asservir. » Repéré par la police allemande, il fut arrêté avec deux autres militants de la localité, le 2 septembre 1941 et emprisonné au Cherche-Midi à Paris. À la suite des « agressions des 6, 10 et 11 septembre 1941 contre les armées allemandes », dix communistes, dont Gokelaere, furent fusillés comme otages au Mont-Valérien, le 16 septembre. Paris-Soir, le lendemain, publia en première page un avis du général Von Stülpnagel comprenant la liste des dix militants communistes fusillés. Il figurait en quatrième position. Plus tard, il fut reconnu comme sous-lieutenant dans les Francs-tireurs et partisans français.
Le troisième numéro ronéoté, distribué clandestinement, de L’École laïque, lui rendait hommage et lançait en guise d’appel : « Jurons de venger Gokelaere ». À la Libération, son fils fut recueilli par le Secours populaire à la Maison de l’enfant du fusillé.
Son nom fut donné à la Libération à une rue du centre de Franconville qui disparut lors de la rénovation du centre ancien. La municipalité de Franconville, répondant aux souhaits de l’Association des anciens combattants de la Résistance et des amis de la Résistance, fit apposer, le 16 septembre 2006, une plaque sur la façade de l’école Ferdinand-Buisson.
Son épouse, née le 10 août 1917 à La Valle (Italie), milita dans les rangs du Parti communiste français jusqu’à son décès, le 19 septembre 1985 à Argenteuil (Val-d’Oise).
Oeuvres

ŒUVRE : Il n’y a rien, mon petit, poèmes, textes et correspondance avec Georges Hyvernaud, Pantin, Le Temps des Cerises, 2004.

Sources

SOURCES : Notes de la mairie de Franconville (Pierrette Catusse). – Mémoires de licence effectués à l’Université de Paris 13. – Notes Jean-Pierre Besse. – Sources orales. – Renseignements fournis par la famille de l’intéressé.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : - Albert Gokelaere, instituteur à l’école des Epinettes à Sallaumines, dernier rang à droite. - Gokelaere, jeune instituteur. - Gokelaere, lors d’une randonnée. - Gokelaere, portrait en 1939.

Jacques Girault

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