Né le 25 avril 1909 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier ébéniste puis ouvrier au cimetière de Thiais (Seine, Val-de-Marne) ; militant communiste de Chevilly-Larue, Thiais, Villejuif ; résistant.

François Sautet au service militaire
François Sautet au service militaire
Marcelino Gaton, Carlos Escoda, Mémoire pour demain,op. cit.
Les fusillés de Villejuif
Les fusillés de Villejuif
copyright Pierre Cardon
François Sautet cliché du 8 mai 1942 (Arch. PPo. GB 188).
François Sautet cliché du 8 mai 1942 (Arch. PPo. GB 188).
Le père de François Sautet, Louis était journalier à sa naissance, et son épouse Jeanne Faucon sans profession. Les parents tenaient dans les années 1930 un café à Chevilly-Larue (Seine, Val-de-Marne), établissement qui servait pour les réunions antifascistes ; il fut l’objet d’agression des bandes fascistes. François Sautet se maria le 24 octobre 1931 à Chevilly avec Suzanne Jacob. Le couple eut un enfant prénommé André. Ouvrier en meuble au Faubourg-Saint-Antoine (Paris, XIe arr.), François Sautet eut des difficultés d’embauche en raison de ses engagements politiques communistes. Le cimetière parisien de Thiais le recruta.
Il appartenait à la Jeunesse communiste depuis l’âge de quinze ans, puis s’engagea au Parti communiste, où il ne semble pas avoir occupé de responsabilité importante. Militant communiste clandestin à partir de 1940, il entra à l’Organisation spéciale (OS) en décembre 1941 et fut le chef du groupe de Villejuif, qui comprenait André Guillaume et Hervé Glévarec. Il participa à des opérations de sabotage de lignes à haute tension et de câbles téléphoniques. Il réalisa avec Mohammed Slimane l’attentat contre le café Moreau fréquenté par les Brigades spéciales (BS).
Il fut arrêté le 3 ou le 6 mai 1942 sur son lieu de travail par les brigades spéciales BS et interné à la prison de la Santé (Paris, XIVe arr.). Une souricière dans son appartement permit à la police d’arrêter sa femme, qui ne fut libérée qu’en novembre 1942, quatre mois après son exécution.
François Sautet fut remis aux autorités allemandes, qui le fusillèrent au Mont-Valérien comme « otage en représailles à l’attentat du stade Jean-Bouin à Paris et de divers attentats qui provoquèrent 31 morts allemands dans le même mois ».
Quatre-vingt-huit otages furent ce matin du 11 août 1942 passés par les armes dans la clairière du Mont-Valérien, c’était la première exécution massive d’otages décidée par la Sipo-SD.
Sa lettre d’adieu ne fut pas remise à sa famille.
Son corps fut incinéré au Père-Lachaise (XXe arr.), et plus tard ses cendres furent transférées au cimetière de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis).
Reconnu Mort pour la France, il a été homologué Interné résistant DIR et FFI.
La Médaille militaire lui fut décernée à titre posthume en 1960.
Son fils, André Sautet, inspecteur des PTT, était un des dirigeants de la liste communiste aux élections municipales du 22 septembre 1963 à Chevilly-Larue.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. com. Ivry-sur-Seine (Michèle Rault). – SHD Vincennes, GR 16 P 537264 (nc). — Marcelino Gaton, Carlos Escoda, Mémoire pour demain, Graphein, 2000. – Site Internet de la DMPA, les fusillés du Mont-Valérien.— État civil d’Ivry-sur-Seine.

Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

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