Né le 1er février 1918 à Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé comme otage le 7 mars 1942 à Biard (Vienne) ; rectifieur ; militant communiste de Paris.

Fils d’un tourneur sur métaux (soldat au moment de la naissance) et d’une mère sans profession, lui-même rectifieur, domicilié 22 boulevard Ney dans le XVIIIe arrondissement de Paris, Gaston Huart était dès novembre 1936 un animateur des Jeunesses communistes à Paris. La police l’arrêta le 4 mars 1941, il était porteur d’un exemplaire d’une proclamation éditée en janvier, dix-sept pages ronéotypées avec en titre : « Pour le salut du Peuple de France » et signée « Le comité central du Parti communiste français (SFIC) . »
Toutes les forces collaborationnistes ou considérées comme telles étaient dénoncées. « La France doit être l’amie de l’URSS parce que la politique de paix ferme et constante du pays des Soviets correspond aux désirs de paix du peuple français. » L’ennemi « Le gouvernement capitaliste de Vichy qui est vomi par le peuple et qui se maintient que grâce à la protection des baïonnettes étrangères. » En conclusion, un appel était lancé au « Peuple de France » pour se rassembler.
Un rapport de police concernant Gaston Huart précisait : « Membre actif des Jeunesses communistes, chef d’un groupe communiste clandestin, il était en outre chargé de la répartition des tracts à des distributeurs dont il s’était formellement refusé à donner les noms, lors de son arrestation. ». Incarcéré à la prison de Fresnes, il était condamné le 6 mars à dix mois de prison par la 12e Chambre correctionnelle pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939, il fut interné à Rouillé (Vienne) à l’expiration de sa peine le 21 octobre 1941.
Le 1er mars 1942 vers 9 heures 50, quatre résistants tiraient sur une sentinelle allemande en faction devant le 41 rue de Tanger à Paris XIXe arrondissement, après avoir lancé un engin explosif qui n’éclata pas, ils prenaient la fuite. Inscrit sur la liste des otages, Gaston Huart a été fusillé par les Allemands le 7 mars 1942, en même temps que Roger Jurquet et Roland Martin, tous les deux de Montreuil. Il a été inhumé au cimetière de Ligugé près de Poitiers, ses effets personnels furent restitués à sa famille.
Le même jour, dans d’autres lieux, plusieurs autres militants communistes furent fusillés : Corentin Cariou, Baptiste Rechossière, Pierre Rigaud* et Pierre Semard.
Gaston Huart a été ré-inhumé au cimetière intercommunal de Thiais (Seine, Val-de-Marne) dans le carré des corps restitués (carré 17). Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF).
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 1752, BA 2117, 1W 667, PCF carton 18 tracts. – Bureau résistance GR 16 P 297403. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit., p. 53. – Hommage aux 130 fusillés de la Butte de Biard, FOL, Poitiers, 1985. – État civil, Déville-lès-Rouen, pas de mention marginale. – Site Internet Mémorial Genweb.

Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, Claude Pennetier

Version imprimable