Né le 7 avril 1904 à Châtel-Censoir (Yonne), mort sous la torture le 11 mai 1944 à Auxerre (Yonne) ; cheminot ; résistant communiste dans l’Yonne.

Henri Surier était le fils d’un cantonnier. En 1939, affecté spécial SNCF, il ne fut pas mobilisé.
Marié et père de trois enfants, ce chef de train migennois, communiste et syndiqué, entra dans le groupe de sabotage des Francs-tireurs et partisans (FTP) de Louis Riglet en janvier 1943 (mais il semble que son activité dans la Résistance ait commencé plus tôt). Tout en continuant son travail au dépôt de Laroche-Migennes, il participa à de nombreuses actions de Résistance dans le Migennois : sabotage de conduites d’eau, de voies ferrées, d’écluses, de pylônes électriques et déraillements de trains, la plupart dans la région de Migennes. Sa maison servait de « planque » à des responsables FTP.
Il était également responsable syndical clandestin de la CGT au dépôt de Laroche-Migennes.
Le 31 mars 1944, Riglet fut arrêté. Henri Surier se réfugia, avec Henri Séguinet, André Bruchard et Raymond Montel à la Belliole où résidaient les parents de Séguinet. Les quatre hommes se cachèrent dans le grenier de Maurice Montagneux, à la Bougonière, commune de Domats.
Il ne supporta pas d’être séparé de sa femme et décida, malgré les mises en garde, de regagner Migennes. Il fut arrêté par les Allemands le 11 mai 1944 à Beaumont, près de Migennes.
Interné à la prison départementale, torturé, Henri Surier succomba à l’hôpital d’Auxerre des suites de ses tortures, vers 16 heures, le jour même de son arrestation. Le rapport d’autopsie diagnostique une « embolie par suite d’émotion » !
Le corps fut remis ensuite à l’administration française et enterré le 13 mai 1944.
Les obsèques définitives eurent lieu en 1945 au cimetière des Conches à Auxerre. À Migennes, une rue inaugurée le 11 novembre 1945 porte son nom.
Henri Surier s’était marié avec Maria Besse en juin 1926 dans sa commune natale puis, veuf, s’était remarié avec Josette Rifler à Migennes le 7 décembre 1929.
Sources

SOURCES : La Résistance dans l’Yonne, CDrom, ARORY et AERI, 2004 (fiche d’André Fouanon). – Notes Pierre Vincent. – L’Yonne Républicaine et Le Travailleur de l’Yonne, 16 novembre 1945. – Jugement déclaratif de décès. – État civil.

Arnaud Fouanon

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