Né le 27 novembre 1910 à Paris (Xe arr.), fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine) ; métallurgiste ; militant communiste, responsable national aux cadres ; résistant, membre des FTPF.

Gaston Michallet
Gaston Michallet
Photographie anthropométrique de la préfecture de police.
Cliché fourni par Pascal Convert (Arch. PPo. Droits réservés)
Fils de Henri Michallet et de Hélène Samarcq, employés de commerce, Gaston Michallet, ajusteur-mécanicien à l’usine Hispano-Suiza de Bois-Colombes, était délégué syndical CGTU. Il adhéra au Parti communiste en 1936. Il s’était marié le 23 septembre 1933 à Sarcelles ( Val-d’Oise ) avec Marcelle Bourdel et habitait 7 rue Alexis Bouvier à Colombes avec son épouse et leur fils.
En janvier 1942, il devint permanent du Parti communiste clandestin et se vit confier la responsabilité des cadres de la région P6 (banlieue ouest de Paris). Son pseudonyme était « Segal ». Il utilisait également une fausse identité : « Gaston Reval ». Il devint l’année suivante responsable national aux cadres sous les ordres directs de Jean Chaumeil. Il était alors hébergé chez Lucien et Cécile Deschamps, 27 rue de Senlis à Asnières.
Gaston Michallet fut arrêté le 25 novembre 1943 sur les lieux d’un rendez-vous qu’il avait avec Robert Fouquet par les inspecteurs de la BS2 qui allaient « le dérouiller avec la dernière sauvagerie », selon un rapport transmis le 29 décembre par un inspecteur principal appartenant à la Résistance. Il avait sur lui une arme et des faux papiers au nom d’Alphonse Revel. Pensant que personne ne s’y trouverait en son absence, il finit par indiquer l’adresse d’une militante où se tenaient des réunions – Lucienne Vermeil, née Sarrelongue, 3 rue de l’Étang à Saint-Gratien, qui fut arrêtée et déportée. Deux de ses adjoints, Jean Alezard et André Dreyer, y furent arrêtés le lendemain. Mais les archives qu’il détenait et qui auraient pu causer d’énormes dégâts ne furent jamais découvertes. Comme convenu avec sa femme en cas de malheur, elle s’était précipitée tôt dans la matinée du 25 novembre 1943 au domicile des Deschamps pour récupérer une serviette dans laquelle son mari conservait des listes de militants et la remettre à qui de droit, ce qui fait que les policiers firent chou blanc lorsqu’ils perquisitionnèrent un peu plus tard. De plus, Michallet et Alezard surent résister aux coups, comme Jean Chaumeil en témoigna en avril 1944 : « Si Charnaux et Gil avaient parlé, j’y passais. Car je les voyais dans une planque qui a tenu. De plus, c’est un fait, rien n’est tombé derrière eux. »
Livré aux Allemands et transféré à Fresnes, Gaston Michallet fut condamné à mort le 23 mars 1944 par un tribunal de guerre avec une vingtaine d’autres FTP parmi lesquels Joseph Epstein et fusillé le 11 avril 1944 au Mont-Valérien. Dans une dernière lettre écrite quelques heures avant l’exécution à sa femme Marcelle et à leur fils Jean (« Nano »), il leur demandait pardon pour le mal que sa disparition allait leur causer : « Il y avait un devoir auquel je ne pouvais faillir et un idéal pour lequel aujourd’hui je vais mourir. [...] Ma chère petite Marcelle, sois brave pour ton Nano, dis-lui qu’il pense un peu à moi, moi qui l’ai si peu connu, dis-lui que je suis ``Mort pour la France’’ et en vrai Français. »
En décembre 1947, Gaston Michallet fut homologué au grade de lieutenant FFI à titre posthume et reconnu Interné Résistant en janvier 1955. Son nom figure sur le monument à la mémoire des otages fusillés au Mont-Valérien entre 1941 et 1944 inauguré en 2002.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BS2/25. 21P576 267. – DAVCC, Caen. – Archives de la CCCP. – L’Humanité, 9 février 2007. – Pascal Convert, Joseph Epstein, bon pour la légende, Éd. Séguier, 2007. — État civil.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Archives de la préfecture de police.

Jean-Pierre Ravery

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