Né le 23 janvier 1922 à Commercy (Meuse), exécuté sommairement le 3 avril 1944, au lieu-dit du Bordas, Le Lonzac (Corrèze) ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP), responsable de maquis.

Le 1er avril 1944, après avoir sévi en Dordogne, la division Brehmer (325e division de sécurité) entra en Corrèze. Après un accrochage avec des maquisards FTP du détachement « Camille Maumey », sur la nationale 89, entre Brive et Tulle, les forces allemandes investirent Tulle où ils exigèrent du préfet Trouillé la localisation des maquis. Or, si la présence des résistants était avérée, leur mobilité ne l’était pas moins : les opérations de ratissage commencèrent le 2 avril, l’une en direction d’Argentat, l’autre en direction de Treignac.

Le 3 avril 1944 vers 10 heures, une colonne blindée allemande traversa Le Lonzac. A 14 heures, six camions revenant de Treignac s’arrêtèrent sur le champ de foire et leurs occupants se dirigèrent vers le château de la Guéronnière. Le propriétaire Lusigny De La Gueronnière s’apprêtait à déjeuner en compagnie de sa sœur et de quatre responsables de maquis FTP : Paul Estève dit « Raoul », Louis Faye dit « Azaïs », Pierre Mathevet dit « Maurice », Bernard Ballin dit « Professeur ». Apercevant les allemands dans le par, les maquisards tentèrent de s’enfuir dans des directions opposées. Paul Estève et Louis Fayes parvinrent à s’échapper ; Paul Mathevet et Bernard Ballin, blessés et refusant de parler furent achevés par balles. Lusigny De La Gueronnière fut sauvagement frappé et fusillé sur le champ, le domaine familial, y compris la ferme annexe, fut entièrement incendié. Les allemands regagnèrent Treignac entraînant avec eux Madame Jean De La Gueronnière, Monsieur Miginac, fermier du château, Jean Demichel, maire du Lonzac et Paul Arpaillanges, secrétaire de mairie.

Le 4 avril 1944, les corps de Jean Demichel et d’Antoine Arpaillanges étaient retrouvés dans la carrière de la Veyrerie sur la commune de Treignac.

Les crimes et exactions allaient se poursuivre le lendemain avec des pillages, des incendies et des onze nouvelles exécutions.

Le nom de Bernard Balin figure sur le Monument aux Morts du LONZAC, sur la stèle commémorative du Bordas et a été attribué à une rue du LONZAC.

Voir la monographie de Le Lonzac (3-5 avril 1944)
Sources

SOURCES : Arch. Dép. de la Corrèze : recensement de population (1936).— Paul Mons, Afin que nul n’oublie la folie meurtrière de la division Brehmer Mars-Avril 1944, Editions Les Monédières.— Site les Chemins de la Mémoire.

Michelle Destour

Version imprimable