Né le 13 février 1924 à Vermelles (Pas-de-Calais), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin (Loire) ; étudiant parisien ; résistant du réseau Vélite-Thermopyles

Ses parents Henri Maënhaut, employé de chemin de fer, et Madeleine, Zoé Ducourant
étaient domiciliés Route d’Auchy-les-Mines à Vermelles (Pas-de-Calais).
Étudiant en Classe Préparatoire à l’École Coloniale au Lycée Henri IV, il préparait une licence de droit.
Résistant, Jacques Maënhaut appartenait au Corps Franc « Essor » de l’ Organisation civile et militaire de la jeunesse (OCMJ) et Vélite-Thermopyles, qui pratiquait les attaques contre des centres de dossiers STO (« Faculté de Droit Paris), contre des mairies (vols de tickets), distribution de tracts et de journaux, préparation militaire, maniement des armes. A partir de septembre 1943, il fut reconnu agent P2, matricule RX 3059.
Suite aux appels codés de Radio Londres lors du débarquement allié en Normandie, de nombreux résistants lycéens et étudiants parisiens du corps franc Liberté du réseau Vélite-Thermopyles, groupe Vengeance, entreprirent de rejoindre les jours suivants un maquis de Corrèze après avoir été accueillis dans la campagne autour de La Ferté Saint-Aubin (Loiret).
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. d’Orléans commandés par l’adjudant Max Kathrein alias Schneider accompagnés de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvinrent à se cacher. Parmi les étudiants parisiens, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By.
L’étudiant rescapé Lucien Schmant témoigna qu’après un interrogatoire et une fouille, puis une absence d’une demi-heure pour aller chercher les instructions téléphonées de leurs supérieurs par l’intermédiaire de la gendarmerie de La Ferté, le peloton d’exécution les fit rejoindre une clairière située à l’écart de la ferme ; un premier groupe de seize jeunes dont Raymond Maenhaut furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête, puis un deuxième groupe de treize arrêtés à la grange de La Fourmillière.
Les corps des 29 victimes furent mis en bière au cimetière de La Ferté, le 12 juin.
Le procès des gestapistes français du Loiret se déroula devant la cour de justice d’Orléans du 16 au 23 juillet 1946. Sept avaient été arrêtés et quatre en fuite furent jugés par contumace. André Parent le 16 janvier 1945 a été condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi » et fusillé le 7 février 1945. Lucien Lussac, principal responsable, a été condamné par la même cour le 23 juin 1946 et fusillé le 28 novembre 1946.
Raymond Maenhaut a été reconnu Mort pour la France, membre du Groupe Franc « Liberté », Maquis de Sologne du 06 au 10 juin 1944, homologué sous-lieutenant par décret du 25 octobre 1947 (JO du 1er novembre1947) puis lieutenant FFI par décret du 30 janvier 1948. (membres de la Commission Régionale à Orléans en Janvier-Février 1948 : Gentil (FTP) et Fourmillon (OCM). Le 24 septembre 1954 le statut d’ interné résistant IR lui fut attribué..
Il a été décoré à titre posthume de la Médaille de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil et Citation à l’ordre du corps d’armée le 10 novembre 1945 « Sans même l’espoir de la gloire a entrepris organisation et instruction militaire en plein Paris occupé. A l’appel aux armes est parti vers les lieux où l’action était plus dangereuse mais plus efficace » (Signé Juin)
Son nom a été inscrit dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin.
Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944
Sources

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 3832578 . — AVCC Caen 21 P 567724 (n.c.) . — Alexandre Astruc, Le plaisir en toute chose, éditions Neige, 2015. — Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne, Corsaire Éditions, 2014.

Annie Pennetier

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