Né le 1er avril 1922 à Paris IIIème arr., abattu lors d’une tentative d’évasion le 6 mai 1944 à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) ; étudiant en droit et sciences politiques, cadre scout ; résistant de l’Armée secrète, homologué lieutenant des Forces françaises de l’Intérieur

Jacques, Albert Molé était le fils d’Étienne, Ernest, contôleur des des contributions, et de Suzanne, Andrée Lambert. Il était célibataire.
Il acheva ses études secondaires à Macon, puis devint étudiant à la Faculté de droit et à l’École Libre des Sciences politiques repliée à Lyon (Rhône).
Fervent catholique, il fut très investi dans la J.O.C. mais aussi à la maison des étudiants catholiques et chez les scouts "routiers", alors ouvertement pétainistes.
En février 1943 l’institution du S.T.O. et les propos de Pierre Laval souhaitant ouvertement la victoire de l’Allemagne nazie provoquèrent une scission chez les scouts catholiques et certains, dont Jacques Molé, rejoignirent les rangs de la Résistance.
Dès le mois de mars 1943, Jacques Molé organisa le "clan Notre-Dame des Maquis" à Tréminis (Isère), en vue de regrouper tous les scouts "routiers" appelés au S.T.O. et d’assurer leur formation.
En juillet 1943, il prit le maquis dans le Trièves et devint adjoint du chef du secteur IV de l’Armée Secrète de l’Isère.
Le 1er mai 1944, la voiture avec laquelle il se déplaçait tomba en panne à Monestier-de-Clermont (Isère).
L’hôtel dans lequel il dormait fut cerné par des miliciens. Il parvint dans un premier temps à leur échapper mais fut rapidement capturé et conduit à Saint-Martin-d’Uriage (Isère).
Torturé trois jours durant, il ne céda pas.
Les miliciens décidèrent alors son transfert à Lyon.
Au cours du voyage en chemin de fer, Jacques Molé profita d’un ralentissement du convoi pour ouvrir la portière et sauter.
Gêné par ses blessures, il ne put échapper à ses gardiens qui ouvrirent le feu et l’abattirent.
Son corps criblé de balles de mitraillette fut retrouvé le 6 mai 1944 vers 5 heures du matin par des habitants de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Un des ses pieds avait été brûlé.
Il se trouvait au lieu-dit "Buyat" à proximité de la voie ferrée.
Le corps, non identifié, fut enterré au cimetière du village.
Environ trois semaines plus tard il fut identifié par l’abbé Champon, aumônier du maquis et ami de Jacques Molé.
Le 4 mai 1947, ses restes furent transférés au cimetière du Père Lachaise à Paris, XXème arr. Sa tombe au cimetière de Saint-Qentin-Fallavier est restée, modeste hommage de la commune à son sacrifice.
Jacques Molé obtint la mention "Mort pour la France".
Il fut décoré de la Croix de guerre et élevé à la dignité de Chevalier de la Légion d’Honneur.
Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Quentin-Fallavier, sur une plaque commémorative à Monestier-de-Clermont, sur la plaque commémorative de l’École libre des Sciences politiques, 9 rue de la Chaise à Paris VIIème arr. et sur la plaque commémorative des morts pour la France, mairie du VIIè arr. de Paris.


Voir : Saint-Quentin-Fallavier
Sources

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression 3808 W 625 — SHD, Vincennes GR 19 P 38/8 ; GR 16 P 424475 — AVCC Caen, AC 21 P 97371 — BERGER Jean-Daniel, Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère : en 2 volumes : Tome 1, Juin 1940-juin 1944 ; Tome 2, Juin-septembre 1944 ; Impressions Modernes (Guilherand-Granges), 2001— Mémoire des hommes — Mémorial GenWeb — Etat civil

Jean-Luc Marquer

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