Lhez (86 habitants en 1936) est une commune du piémont pyrénéen, en Bigorre. Le 20 août 1944, le repli des forces allemandes de Tarbes donna lieu à un affrontement avec un groupe de maquisards du Corps franc Pommiès (CFP) de l’ORA. Un détachement allemand massacra cinq personnes dans une maison de Lhez (un maquisard blessé et quatre civils)

Lhez (Hautes-Pyrénées), plaque commémorative. Cliché Richard Vassakos
Coupures de presse relatant l’événement. Musée de Tarbes (Hautes-Pyrénées)
Le massacre de Lhez s’inscrit dans le contexte des combats de la libération de Tarbes et de la fuite des unités allemandes de cette ville en direction de l’Est suite à l’ordre de repli de la 19e armée allemande. Le samedi 19 août 1944 dans l’après-midi un convoi allemand d’environ 350 personnes, fortement armé, se forma dans la caserne du 2e Hussard. Il s’ébranla et effectua une manœuvre pour éviter les forces du Corps Franc Pommiès (CFP) en espérant gagner la route de Toulouse. Il fut accroché sur la côte de Piétat par les maquisards bien armés. Le convoi fut stoppé et contraint de passer la nuit sur place. Durant la nuit, sur l’itinéraire choisi par les Allemands, les éléments résistants de Capvern et Lhez furent renforcés. À Lhez furent notamment postées deux compagnies du CFP.
Dans la matinée du 20 août de durs combats s’engagèrent et les Allemands firent des manœuvres pour se dégager. À la mi-journée les compagnies du CFP durent se replier pour éviter d’être débordées. Dans le village de Lhez, la maison Lansalot avait été transformée en infirmerie. Ses occupantes décidèrent de rester sur place, pour prendre soin d’un homme du CFP blessé grièvement, et ce malgré l’arrivée des allemands. Selon l’une des versions des évènements, un groupe d’une trentaine d’hommes aurait investi le village et aurait blessé un médecin du maquis qui aurait assisté à la scène. Les femmes auraient refusé de quitter les lieux ce qui aurait provoqué une réaction furieuse face à cette résistance. Sur l’exécution les versions divergent. Certains récits disent que le maquisard blessé, caché dans une pièce de la maison, aurait été achevé d’une rafale et que les autres occupants auraient été tués de la même façon. Pour d’autres les allemands auraient mis le feu à la maison Lansalot à l’aide de grenades incendiaires brûlant vifs tous ses occupants. Deux autres maisons furent incendiées sans faire de victimes. À l’intérieur de la maison se trouvaient quatre personnes, Sidonie Lansalot, 60 ans, veuve, sa fille Darribes Honorine, 20 ans, son bébé de deux mois, Darribes Denise, Cazabat Henriette, 10 ans jeune fille placée par l’assistance publique dans cette maison et le blessé Campanini Alfred, 29 ans, membre du CFP.
Cette tuerie, provoqua des représailles de la part du maquis puisque quatre prisonniers allemands furent exécutés par le CFP (ORA) sur les lieux mêmes du drame.
Les victimes : un maquisard du CFP et quatre civils :
CAMPANINI Alfred, 29 ans, membre du CFP. Né à Polésino (Italie) le 25/04/1915, fils d’Ernest et de Zeffira Terzi, époux de Juliette Laguens née le 28/11/1920 à Cizos (65).Mort pour la France
CAZABAT Henriette, 10 ans.
DARRIBES Honorine, 20 ans.
DARRIBES Denise, deux mois.
LANSALOT Sidonie, 60 ans.
Sources

SOURCES : Panneaux de l’exposition permanente du musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes. — Marcel Céroni, Le Corps franc Pommiès : La lutte ouverte, Toulouse, Éditions du Grand-Rond, 1980, pp. 515-517. — José Cubéro, Les Hautes-Pyrénées dans la guerre, 1938-1948, Pau, Cairn, 2013, p. 256. — Service historique de la Défense, Caen, AC 21 P 37467, cote non consultée. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 103118, cote non consultée. — Site memorialgeweb.org consulté le 24 décembre 2019 (http://www.memorialgenweb.org .)

Richard Vassakos

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