Début juillet 1944, 120 maquisards s’installèrent sur les hauteurs boisées dominant la rivière du Jaudy à proximité de la ferme-manoir de Coat-Névenez en Pommerit-Jaudy tenue par Madame Lestic qui vivait seule avec ses quatre enfants, son mari étant prisonnier de guerre en Allemagne. Ce maquis FTP fut placé sous le commandement de Corentin André, le Capitaine Maurice. Parmi ces maquisards il y avait un déserteur autrichien, Franz Petrei.
Le dimanche 9 juillet 1944, le maquis fut attaqué par des militaires de l’armée d’occupation allemande. Grâce au sang-froid de deux habitants du secteur, Joseph Guillou et Henri Mansec qui eurent le temps de prévenir le maquis de l’arrivée imminente des Allemands, au risque de leur vie, le maquis put s’organiser. Madame Lestic eut juste le temps de fuir pour se mettre en lieu sûr avec ses enfants.
Sur ordre de la Feldkommandantur de Tréguier (Côtes-du-nord ; Côtes d’Armor), les militaires allemands venus de Runan (Côtes-du-nord ; Côtes d’Armor), Plouaret (Côtes-du-nord ; Côtes d’Armor) et Tréguier arrivèrent en grand nombre en véhicules blindés, équipés de mortiers de 37 mm. Les maquisards disposaient de 5 fusils mitrailleurs, de mitraillettes, de fusils, trente hommes n’ayant que des grenades.
De 17h à 21h, les militaires allemands se lancèrent à l’assaut des positions tenues par les maquisards. L’assaillant subit des pertes très importantes, 133 tués et de nombreux blessés, selon un rapport de la Croix-Rouge. Plusieurs raisons expliquèrent ces lourdes pertes : la présence de l’Autrichien pouvant déjouer les ordres des chefs allemands ; les méprises des assaillants se tirant mutuellement dessus ; l’arrivée dans un chemin raviné d’un camion plein d’Allemands, surplombé par des maquisards qui déversèrent des grenades sur le véhicule.
En fin d’après-midi, devant l’arrivée de renforts allemands, le repli des maquisards fut décidé. Il s’effectua, en ordre, par vagues successives, la percée du dispositif d’encerclement fut rompue à la grenade. Quatre maquisards furent tués au combat : Pierre Leclerc, Octave Desliles, François Richard et Amerigo Zuliani. Un maquisard fut tué lors du décrochage : Laurent Goavec. Deux maquisards blessés et intransportables furent assassinés sur place après avoir été martyrisés : Alphonse Le Bris, André Lintanf. Un maquisard fut assassiné sur place après avoir été martyrisé : Gabriel Ollivier.
Des Russes incorporés dans l’armée allemande qui gardaient les morts avaient ordre de tirer sur tous ceux qui approchaient. Trois imprudents dont un jeune de 16 ans furent faits prisonniers. Après avoir été battus deux d’entre eux furent relâchés le lendemain, le plus jeune quelques jours plus tard après avoir été emmené à Plouaret.
Le cheptel fut volé, le bâtiment fut pillé et saccagé. Des scènes de beuveries eurent lieu au cours de la nuit. Le lundi, la ferme-manoir de Coat-Névénez et ses dépendances furent incendiées par les Allemands.
Le garçon de la ferme René Anthoine fut abattu dans la cour de la ferme d’une rafale de mitraillette puis jeté dans le bâtiment en flammes, son cadavre fut retrouvé calciné. L’un des blessés, enfermé au 1er étage du bâtiment en feu, bien qu’ayant les mains ligotées dans le dos, se précipita par la fenêtre. Il fut abattu d’une balle tirée dans la nuque. Les 9 victimes furent inhumées dans une fosse commune à proximité de la chapelle Saint-Pabu, à proximité de la stèle actuelle.
Le 17 juillet 1944, six cars bondés d’Allemands vinrent au bourg de Pommerit-Jaudy. Ils se dispersèrent autour de Coat-Névenez dans l’espoir présumé de retrouver d’autres résistants, se livrant au passage à des pillages.

ANTHOINE René
DESLISLES Octave
GOAVEC Laurent
LE BRIS Alphonse
LINTANF André
OLLIVIER Gabriel
RICHARD François
ZULIANI Amerigo
La stèle de Coat-Névénez en Pommerit-Jaudy.
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Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord

Alain Prigent, Serge Tilly

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