Né le 13 décembre 1919 à Mouhet (Indre), fusillé le 13 mars 1943 à Angers (Maine-et-Loire) ; charpentier en fer ; résistant FTPF dans la Vienne et le Maine-et-Loire.

Célibataire, Octave Delage, fils de Pierre Delage et Marie Breluchon, demeurait 32 cité Belle-Joanne à Poitiers (Vienne). Il fut mobilisé le 25 août 1940 à Issoudun (Indre). Requis civil, il fut affecté au Groupement de jeunesse no 32 à Lavelade (Dordogne). Le 11 décembre 1941, il fut renvoyé dans ses foyers. Le 5 octobre 1942, désigné pour partir au Service du travail obligatoire (STO), il quitta Poitiers. En tant que membre de l’organisation clandestine des Jeunesses communistes de Poitiers depuis la fin de 1940, où il prit les fonctions de secrétaire régional, il décida alors de s’engager entièrement dans la Résistance. À une date inconnue, il rencontra, à Saumur (Maine-et-Loire), un certain Théo. Le lendemain, celui-ci le présenta à Michel Muzard. Ce dernier fournit à Octave Delage des faux papiers au nom de Pierre Bonsergent. Il porta aussi le pseudonyme de Martial dans la Résistance. Quelque temps plus tard, ils se rejoignirent au lieu-dit La Cave à Allonnes (Maine-et-Loire).
Lors de son interrogatoire par la police française de la 4e brigade régionale de la police mobile, Laurent Bastiani fut amené à dire qu’il avait rendez-vous place de la Gare à Angers, le 12 ou le 14 décembre 1942 (selon les sources), vers 19 heures, avec les prénommés Martial (Octave Delage) et François Raymond Duchesne. Le jour dit et sur la désignation par Bastiani amené sur place, le commissaire de police Guichandut et l’inspecteur Magnou interpellèrent Octave Delage vers 19 h 10 alors qu’il ressortait du café Neau. Une fois menotté, les policiers français en le fouillant découvrirent sur lui des plans de destruction de la gare Saint-Serge à Angers, de celle d’Étriché (Maine-et-Loire) et de l’immeuble abritant le siège de la Sipo-SD au no 16 de la rue de la Préfecture à Angers. Quant à Raymond Duchesne, il fut abattu par la police, vers 19 h 20, en tentant de s’enfuir.
Octave Delage fut entendu par le commissaire OPJ Poupaert dans les bureaux de la 4e brigade régionale de la police mobile. Il révéla que dès la fin de 1940 il était entré dans l’organisation clandestine des Jeunesses communistes de Poitiers. Là, il remplit, presque aussitôt, les fonctions de secrétaire régional. Alors qu’il n’était pas encore membre de l’OS, il fut, à cette époque, mis en relation avec Laurent Bastiani. Il n’avait encore participé à aucun attentat, ni sabotage. Vers le début d’octobre 1942, afin de se soustraire à l’obligation de partir travailler en Allemagne, il quitta Poitiers et prit la fuite. Par des filières clandestines, il rejoignit Laurent Bastiani et Michel Muzard à Saumur. C’est à cette période qu’il s’engagea dans l’OS. Il se mit alors, comme Bastiani, à la disposition de Michel Muzard. Il participa, lui aussi, à des attentats et des sabotages dont l’incendie du parc à fourrages d’Angers, avenue Chanzy, dans la nuit du 19 au 20 novembre 1942. Au cours de cet interrogatoire, la police apprit qu’Octave Delage s’était caché dans une caverne à Saint-Cyr-en-Bourg (Maine-et-Loire), planque des FTPF. Il s’en était échappé lors de l’intervention de la gendarmerie française, le 28 novembre 1942. Le lendemain de cet interrogatoire, 13 décembre 1942, à 4 h 00, Octave Delage fut incarcéré à la prison allemande du Pré-Pigeon d’Angers par la police française affiliée au SD, sous le matricule no 1092, avec son camarade, Laurent Bastiani.
Le 9 mars 1943, avec Michel Muzard et Laurent Bastiani, il fut traduit devant le tribunal allemand FK 595 d’Angers présidé par le docteur Heinrich. Ils étaient accusés d’être membres des Francs-tireurs et d’avoir commis des attentats contre l’armée d’occupation, dont, entre autres, le sabotage par explosif de pylônes à haute tension à Chasseneuil et Bruxeroles, les 2 juin et 27 juillet 1942, et l’incendie du parc à fourrages à Angers, le 20 novembre 1942.
Le 13 mars 1943, à 17 h 00, Laurent Bastiani fut exécuté dans la clairière de Belle-Beille à Angers. Il fut ensuite inhumé dans le cimetière de l’Est à Angers (carré 5, rang 8, fosse 9).
Exhumé le 2 février 1950, il repose depuis dans le cimetière de Chilvert à Poitiers. Tous les troisièmes dimanches du mois d’octobre, une cérémonie a lieu devant le monument des fusillés de Belle-Beille au cours de laquelle son nom est cité.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Maine-et-Loire : 197 J 3, 303 W 290, 303 W 291. – Arch. mun. Angers : 4H103. – Acte de décès, Registre des inhumations du cimetière de l’Est à Angers. – Registre de la maison d’arrêt d’Angers (p. 78-79).

Bertrand Gogendeau

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